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BREIZATAO – NEVEZINTIOU (10/03/2021) Un ou deux loups ont apparemment élu domicile en Bretagne, du côté du lac de Guerlédan plus précisément. Pressentant son retour depuis quelques années, l’Observatoire du loup accumule les preuves depuis quelques semaines. « Un photographe animalier a surpris un loup le 8 septembre dernier au nord du lac, des chasseurs costarmoricains ont retrouvé des carcasses et des hurlements ont été entendus en juillet », énumère Jean-Luc Valérie, naturalise de l’Observatoire du loup.

Le lac de Guerlédan

« J’ai pu l’observer pendant une bonne minute trente. J’étais en bivouac dans le bois Corel. Je suis tombé nez à nez avec lui en sortant de ma tente à 7 h du matin. Il était à une quarantaine de mètres de moi, il avait une queue courte, le dos sombre, une taille de 60 cm, probablement une femelle », décrit le photographe qui, surpris, n’a pas eu le temps de sortir appareil photo ou téléphone.

Sa description ne fait pas de doute pour le naturaliste de l’observatoire du loup qui s’est lancé sur sa trace. « Ils sont au moins deux, un mâle et une femelle, probablement de la même filiation. »

Des fèces (excréments) retrouvées dans les environs confirment son témoignage. Reste à les localiser précisément. Ils devraient trouver dans une zone de 40 000 hectares au sud-ouest du Lac de Guerlédan entre Mur-de-Bretagne, Pontivy, Rostrenen et Le Faouet. Une campagne de hurlements provoqués, avec du matériel audio diffusant, était prévue ce week-end mais elle a été repoussée en raison du vent. Elle devrait permettre de les localiser plus précisément.

Pourquoi ne pas les laisser tranquilles ? Pour éviter les conflits et le braconnage. « Le loup est une espèce protégée, mais partout où il se disperse, il provoque la pagaille… », prévient l’Observatoire qui a déjà alerté les autorités locales pour anticiper son installation. Les éleveurs sont les premiers visés.

Si le loup est sans danger pour l’homme, c’est un prédateur pour les animaux domestiques. « En cinquante ans, nous n’avons aucun cas d’attaque d’homme recensé dans toute l’Europe », rassure notre spécialiste du loup.

Par contre, du côté des moutons, chèvres, poulains et autres animaux d’élevage, c’est moins rassurant. Selon un décompte officiel, 12 000 brebis ont été tuées en 2017 par les quelque 360 loups comptabilisés en France. Les loups bretons viendraient d’une de leurs 52 meutes. « Comme la plupart, ils viennent très probablement du Limousin et ont suivi la Loire qu’ils ont fini par traverser. »

Un retour sur la terre que leurs ancêtres ont quitté il y a un bon siècle. Le dernier à s’y être fait tuer l’a été en 1914 dans la forêt de Lanvaux. Depuis, les dernières observations dataient des années 1920, jusqu’à ces derniers mois.

Des observations précieuses que l’observatoire veut multiplier. Il demande aux chasseurs, éleveurs et simples promeneurs de faire part de leurs observations en cas de présomption de présence du loup. « C’est important d’anticiper son installation pour éviter les querelles entre éleveurs, chasseurs et protecteurs de la nature ainsi que le braconnage. »

Contact : [email protected]

(Source : Ouest-France)

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