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BREIZATAO – BREIZHOURIEZH (14/03/2021) War-Raok est une revue nationaliste bretonne lancée en 2000 par Padrig Montauzier, célèbre figure du nationalisme breton. Son parcours témoigne de cet engagement : militant à Strollad ar Vro, combattant du FLB, président du POBL, puis président d’Adsav avant de se consacrer pleinement à War-Raok en 2008. Nous appelons tous les nationalistes bretons sincères à s’abonner à cette revue de grande qualité sur le site : http://www.war-raok.eu/War_Raok/Bienvenue.html. Vous trouverez ci-après l’édito puis le sommaire du nouveau numéro.

Toute nation qui ne s’administre pas elle-même connaît inéluctablement une rapide décadence.

Il est vain pour un peuple de lutter si l’on a pas d’abord pris conscience des données fondamentales qui déterminent son aliénation. Nous voulons donner au peuple breton une forme qui empêche sa disparition et permettre son retour à la dynamique de l’histoire. Notre volonté d’émancipation n’est pas un enfermement : elle s’ouvre sur la reconquête d’un espace global, exigence de la géopolitique la plus réaliste. Gardons-nous d’un exclusivisme ethnique mal compris. La légitime préservation de nos caractères ethniques ne doit pas être un repli sur soi-même, même si nous pouvons être séduits par l’expression : « patriotisme ethnique » qui fixe des critères généraux et permet de parler de communauté nationale.

Dans l’Europe actuelle, Europe en pleine mutation, ce sont les nations sans État, les peuples aux droits bafoués, qui sont une nouvelle fois au premier rang des revendications. La rumeur vient d’Écosse, de Catalogne, du Pays Basque, de Flandre, de Corse ou de Bretagne, comme naguère des Pays Baltes ou d’Irlande… Partout renaissent des tensions légitimes qu’on aurait cru éteintes, et la marée des peuples opprimés bat aux portes du vieux continent.

La Bretagne depuis le traité d’union en 1532 (en fait il ne s’agit nullement d’un traité mais d’un simple acte interne à la France n’ayant aucun effet juridique en Bretagne), et plus encore depuis l’annexion de 1790, en donne un frappant exemple. De par sa position excentrée, la Bretagne n’a jamais offert pour l’État français qui en dispose aujourd’hui, que l’intérêt que l’on accorde à une zone stratégique ou à une colonie.

La nouvelle république française ne s’est jamais préoccupée de favoriser le développement industriel et commercial de ce petit peuple dont elle a rayé le nom de la carte et dont elle affecte d’ignorer l’existence. Son organisation d’essence révolutionnaire, centraliste et unitaire lui interdit de tenir aucun compte des spécificités et des intérêts particuliers de la Bretagne et son statut d’autonomie est de fait aboli unilatéralement par la force et sans le consentement et la participation des Bretons. C’est ainsi qu’un pays jadis des plus riches, à l’époque de sa souveraineté, devient une nation léthargique restée en marge de tout développement et progrès, qu’ont pu atteindre, parce ce que restées maîtresses de leurs destinées, d’autres petites nations comme la Norvège, le Danemark ou encore l’Islande.

Nous sommes en 2021. Les choses ont-elles évolué ? Je vous répondrai, oui et non.

Non du fait de la France qui poursuit inexorablement sa politique coloniale, qui persiste à enfermer le peuple breton dans une caserne administrative, dans une camisole centraliste, impérialiste et continue à vivre à l’heure napoléonienne.

Oui, parce que les Bretons se sont tournés, non vers le passé, mais vers l’avenir et, depuis maintenant de nombreuses années, ils ont su relever maints défis. La Bretagne peut ainsi s’honorer d’être devenue très compétitive dans de nombreux secteurs d’activités, tant au niveau européen qu’international.

La jeune Bretagne a renoué avec ses racines et est à ce jour fière de son identité. Elle refuse la politique d’assimilation et d’uniformisation de l’État français.

La Jeune Bretagne relève la tête et nombreux sont ceux qui rêvent de République bretonne ! La guérison serait-elle au bout du chemin ?

Voilà, succinctement énoncé, ce que nous, patriotes bretons, voulons, ce que notre peuple est en droit d’exiger pour sa prospérité matérielle, pour son épanouissement intellectuel et moral, au nom de la sagesse politique dont il a toujours fait preuve dans le passé, au cours de mille années d’indépendance et de trois cents ans d’autonomie.

A la France de dire si elle est disposée à donner satisfaction aux aspirations légitimes du peuple breton, ou si elle fait litière de ses beaux principes de liberté qu’elle-même continue à répandre dans le monde…

A la France de dire si nous devons encore avoir le moindre espoir ? La moindre confiance en ce pays qui nous a coûté trop de sang et de larmes.

Nos chers voisins sont-ils enfin disposés à s’incliner devant nos droits ou, si pour demeurer et rester Bretons, seul le divorce reste la solution ? Une chose est certaine, l’Europe des peuples est en marche. Les communautés ethniques relèvent fièrement la tête et amorcent un début de souveraineté.

Da c’hortoz donedigezh ur wir Republik vrezhon…

Padrig MONTAUZIER

SOMMAIRE N° 60

Buhezegezh vreizh page 2

Editorial page 3 (Padrig Montauzier).

Buan ha Buan page 4

Politique : Faut-il recommencer les Croisades ? Page 11 (Erwan Houardon).

Billet d’humeur : Sommes-nous obligés de les croire ? Page 14 (Riec Cado).

Tradition : Le symbolisme du sanglier page 16 (Gérard Thiemmonge).

Hent an Dazont : Votre cahier de 4 pages en breton page 19 (Tepod Mab Kerlevenez hag An Deureugenn).

Tribune libre : Pour une écologie cohérente et intégrale page 23 (Dominique Baettig).

Histoire de Bretagne : Les Amazones de la Chouannerie page 25 (Youenn Caouissin).

Environnement : Agriculture et écologie : cap vers la réconciliation ! Page 28 (Mael Le Cosquer).

Civilisation bretonne : Le principe féminin, origine primordiale page 31 (Fulup Perc’hirin).

Nature : Le héron cendré, le monsieur échasses de nos étangs page 35 (Youenn Caouissin).

Lip-e-bav : Le gâteau nantais et gâteau à la peau de lait page 37 (Youenn ar C’heginer).

Keleier ar Vro : Na stok ket ouzh ma c’hroaz page 38 (Meriadeg de Keranflec’h).

Bretagne sacrée : Les Roches du Diable page 39 ( Per Manac’h).

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