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BREIZATAO – POLITIKEREZH (08/04/2021) Véritable noblesse d’état hexagonale, les énarques devraient voir leur matrice purement simplement supprimée par Emmanuel Macron. Elle sera toutefois remplacée par une école mais celle-ci sera considérablement plus ouverte.

L’ENA, un projet vichyste récupéré par les communistes

Beaucoup de Bretons l’ignorent mais l’Ecole Nationale de l’Administration est à l’origine un projet de Vichy. L’objectif, en 1940, est de créer une bureaucratie intégralement soumise au pouvoir du Maréchal Pétain dans une France façonnée depuis 1875 par la Troisième République.

Repris dès 1945 par le nouveau régime gaullo-communiste, la « réforme » de l’administration française est menée à marche forcée pour garantir l’application du Yalta politique français.

Le 10 décembre 1944, De Gaulle s’allie au bourreau des peuples Staline

Tout juste de retour en France après l’absolution de De Gaulle négociée au Kremlin à l’automne 1944, Thorez, chef du PCF, voit toute l’utilité d’une machine bureaucratique hyper centralisée aux pouvoirs très larges qui serait dirigée par des agents du PCF.

En effet, c’est ce que deviendra l’ENA, le projet d’origine vichyste : l’école du centralisme parisien qui, trempée d’inspiration pétainiste puis méthodologiquement stalinienne, sera chargée de former les cadres d’un état omnipotent et bureaucratisé à outrance. Bref, former des « princes rouges » sur le modèle de la nomenklatura socialiste.

Petit à petit, l’ENA est devenu un véritable état dans l’état dont l’appartenance signifie pour ses membres l’impunité. Aucun énarque n’a jamais passé une seule journée en prison en dépit des innombrables affaires qui ont jalonné le parcours de ses différents membres.

Fonctionnaires, les énarques ont, en 50 ans, précipité la France dans sa plus grave crise financière, sociale et politique depuis la défaite de 1940. La crise du COVID19 a mis en évidence l’incompétence généralisée des administrations en plus qui n’a eu pour seule réaction que d’accélérer un endettement de masse déjà incontrôlable.

Si Macron veut dissoudre l’ENA, c’est d’abord pour signifier à l’opinion française qu’il est le président d’un état fossilisé dont les commandes lui échappent largement. Quoi que l’on pense du président français actuel, ce n’est pas lui qui a pensé le système il y a 75 ans.

Préparer l’opinion à un nouveau Mai 1940

Les gens qui connaissent l’Etat Français savent que cette vieille machine ne se réforme que cosmétiquement. Trop de dynasties familiales, de rentes, d’intérêts se sont coalisés au fil des décennies et des siècles pour qu’aucun changement réel n’advienne. Macron n’a pas l’intention de « réformer » quelque chose qui n’est pas réformable d’un trait de plume.

Depuis deux siècles, l’Etat Français n’a connu qu’un processus : l’expansion spectaculaire de son pouvoir. Microscopique sous l’Ancien Régime, il est désormais le premier employeur de France, l’arbitre aux innombrables règlements et interdits, le percepteur aux centaines de taxes, l’agent qui subventionne associations, entreprises, médias.

Sous l’effet de cette colonisation massive de la société par l’Etat, la France est devenue un pays beaucoup plus bureaucratisé que ne l’a jamais été l’Union Soviétique.

Ses préfets, non élus, sont autant de gouverneurs qui commandent souverainement pour le compte de Paris aux administrations, associations, entreprises ou communes, du même mouvement. En 2021, la France est le seul pays développé à « bénéficier » des services d’une école de formation des hauts fonctionnaires avec entrée directe à vie dans les grands corps et les administrations centrales comme l’ENA. La France est aussi le seul pays à dépasser les 46 % d’impôts et taxes par rapport à sa richesse nationale. Les dépenses publiques représentent désormais 61% du PIB français.

Pays occidental le plus taxé du monde, le plus administré, le plus centralisé, le plus économiquement étatisé et, comme on l’a vu depuis un an, l’un des plus incompétent, la France est désormais le pays qui s’endette le plus rapidement, à un milliard d’euros par jour. La conclusion, connue de tous, est l’incapacité de rembourser une dette qui sera bientôt de 3,000 milliards d’euros, 7,000 milliards si l’on intègre la dette hors bilan.

La fin du système approche et comme en Mai 1940, l’heure est aux alibis. En supprimant l’ENA, Macron veut d’abord dire à l’opinion française que la catastrophe qui s’annonce n’est pas le fait d’un président élu en 2017 mais plutôt d’une caste bureaucratique formée en 1945 qui, comme les élites de Troisième République (1875-1940), ont gouverné pendant 75 ans (1945-2020). Jusqu’à la débâcle.

Macron, énarque lui-même, ne veut pas porter seul le fardeau de l’effondrement économique cataclysmique qui s’annonce.

 

 

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