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BREIZATAO – NEVEZINTIOU (21/04/2021) Un retraité de Saint-Herblain (Loire-Atlantique) a raconté lundi 19 avril 2021 devant le tribunal correctionnel de Nantes combien une « usurpation d’identité » dont il est victime depuis maintenant deux ans, de la part d’un sans-papiers d’origine algérienne, a transformé sa vie en « cauchemar ».

Le prévenu est ainsi parvenu à se faire éditer une carte nationale d’identité et un livret de famille au nom du retraité, en conséquence de quoi ce dernier reçoit ses amendes… Il s’est aussi affilié à la Couverture maladie universelle (CMU), ce qui a eu pour conséquence de bloquer la carte Vitale de sa victime !

« Je dois être opéré, mais je n’y vais pas car je suis bien incapable d’avancer l’argent. Ce cauchemar, je ne le souhaite à personne, pas même à mon pire ennemi. Je ne vis plus, madame la présidente : j’ai peur maintenant d’ouvrir ma boîte aux lettres… J’ai même pensé au suicide, honnêtement. »

« Nos citoyens lambda ont déjà du mal à se dépatouiller des formalités administratives, alors si en plus il y a une usurpation d’identité, ça devient un véritable enfer », a abondé le procureur de la République à l’audience.

Présent à la barre du tribunal correctionnel, le sans-papiers d’origine algérienne a pour sa part d’abord affirmé habiter à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), une commune huppée de la région parisienne, bien qu’il dispose en fait d’une adresse administrative au Centre communal d’action sociale (CCAS) de Nantes.

L’homme s’avère aussi être un habitué de l’hôpital psychiatrique Saint-Jacques, à Nantes, et a été diagnostiqué comme schizophrène. Il a toutefois refusé de se rendre à l’expertise psychiatrique que lui avait ordonnée la justice.

Jamais expulsé

Pour prouver son identité, cet homme sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF) depuis juillet 2020, a ainsi invité la juge à « passer un coup de fil » au fondateur du Front national (FN) Jean-Marie Le Pen, qui l’aurait « hébergé » il y a plusieurs années quand lui-même « travaillait pour la présidence française ».

Celui qui se prétend aussi « le fils de Brigitte Bardot » s’était d’ailleurs successivement présenté, au cours de l’enquête, comme « pilote de ligne Air France », « astronaute » ou bien encore « docteur en psychologie ».

Lundi, lors de l’audience publique, cet homme qui « n’est pas fou », a aussi dit avoir travaillé « dans la police et la gendarmerie ».

Aidé par les associations pro-clandestins

« Quand il reprend ses esprits, il est capable de monter un dossier de RSA ou auprès de Pôle Emploi… Alors, de deux choses l’une : soit il n’est pas si fou qu’il ne le dit, soit il se fait aider », a toutefois fait remarquer le plaignant.

« Il y a sans doute un peu des deux », a soufflé la présidente du tribunal correctionnel, qui n’a « jamais vu » une audience pareille « en 30 ans de carrière ».

« Comment peut-il faire ce genre de demandes sans être aidé par les associations [de soutien aux demandeurs d’asile, NDLR] ? Si la deuxième OQTF de juillet 2020 avait été mise à exécution, cela résoudrait le problème. « 

Pas d’expulsion pour le clandestin

La juge a finalement prononcé quatre mois de prison ferme, sans mandat de dépôt, en dépit du casier judiciaire vierge de cet « ancien légionnaire ». Cela signifie que la peine peut être mise à exécution à la prochaine incartade, sans possibilité d’aménagement. La victime touchera 1 000 € de dommages et intérêts et 283 € pour ses frais de photocopies.

(Source : Actu.fr)

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