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BREIZATAO – POLITIKEREZH (23/07/2021) Yann Uguen est le président du réseau Diwan, qui propose l’enseignement immersif en breton. Le réseau est donc particulièrement concerné par le rapport remis, mercredi 21 juillet 2021, à Jean Castex, par les députés Yannick Kerlogot et Christophe Euzet. Yann Uguen se dit «inquiet» concernant certaines propositions du rapport.

Que pensez-vous du rapport élaboré par les députés Yannick Kerlogot (LREM) et Christophe Euzet (Agir, ex LREM), sur l’enseignement immersif des langues régionales ?

Nous avons obtenu le rapport mercredi [21 juillet, N.D.L.R.] vers 18 h et nous l’avons analysé en partie. Nous allons nous réunir avec les autres écoles qui pratiquent l’immersion dans d’autres langues en France pour apporter une réponse commune. Si le rapport fait un travail de synthèse intéressant, et donne le cadre juridique, pour la partie qui concerne les propositions, nous sommes plus dubitatifs…

C’est-à-dire ?

Les propositions sont assez parcellaires et nous inquiètent quand par exemple il s’agit de la langue de communication dans l’établissement. On sent bien qu’il y a une volonté de nous mettre dans le cadre. Les deux députés écartent très vite la possibilité de révision de la Constitution, alors même que le Sénat nous avait été favorable lors du vote de la Loi Molac. Ils sont aussi très succincts sur les possibilités qu’offre la loi 3D (Décentralisation, différenciation et déconcentration)… Nous en revenons à la lecture que nous avions le 21 mai, quand Blanquer dit que nous allons devoir nous adapter ! Ce rapport est en deçà des discours du Président de la république et du Premier ministre en ce qui concerne l’enseignement des langues régionales.

Parmi les écueils, ça coince sur la langue d’usage et la langue de communication au sein des écoles ?

En fin de compte, il y a comme une forme d’ingérence dans la pédagogie et le fonctionnement de nos écoles qui font de l’immersion. Avec un dogmatisme constitutionnel. Nous, nous voulons être jugés sur nos résultats. Il y a comme une injonction sur la langue d’apprentissage, injonction qui sera très difficile à faire passer. Nous sommes en breton comme langue d’usage, et nous pratiquons de l’inclusion tous les jours. On n’oblige personne. Notre constance est bien de faire de l’immersion en maternelle et ensuite, on introduit le français en CE1

(Source : Ouest-France)

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